Notre Histoire

Trévien, une histoire profondément ancrée dans le Ségala

 

Au cœur du Ségala tarnais, Trévien est une commune rurale dont l’histoire s’est construite au fil des siècles autour de ses nombreux hameaux et lieux-dits.

 

Cette organisation particulière du territoire constitue encore aujourd’hui l’une de ses principales caractéristiques : Trévien ne s’est jamais véritablement développée autour d’un centre-bourg unique, mais autour de plusieurs lieux de vie dispersés sur l’ensemble de la commune.

 

La Pastrié, Saint-Pierre-de-Gil, Gil, Nougayrol, Lavoulp, Les Gagets, Le Théron, Canabel, La Mayrié et bien d’autres lieux-dits composent ainsi un même territoire et une même communauté.

 

Cette identité peut se résumer par une devise :

Plura loca, unum corpus
Plusieurs lieux, un seul corps.

 

Des traces d’occupation très anciennes

 

Bien avant le château et les premiers documents médiévaux, le territoire de Trévien était déjà fréquenté par l’homme.

 

Près du lieu-dit Nougayrol se trouve notamment un dolmen, également connu sous différentes appellations, parmi lesquelles dolmen de la Roucarié, du Prat ou de la Peyrade.

 

Cet élément du patrimoine archéologique témoigne d’une occupation très ancienne du territoire.

 

Le secteur de Nougayrol et de La Peyrade se situe également à proximité d’anciens axes de circulation. Au fil des siècles, des chemins ont relié ce secteur au reste du Ségala, au Rouergue et aux territoires voisins.

 

Ces traces anciennes rappellent que Trévien s’est construite sur un territoire parcouru, habité et exploité depuis de très nombreuses générations.

 

Un nom venu du fond des siècles

 

Le nom de Trévien lui-même est ancien.

 

Les documents historiques font notamment apparaître la forme « Trivieil » en 1260, puis « Trepoveteri » en 1382.

 

Le nom occitan de la commune est aujourd’hui Trevièn.

 

Ces différentes formes montrent que l’identité de Trévien plonge profondément dans l’histoire médiévale du Ségala, bien avant la création des communes modernes.

 

Le château et la seigneurie de Trévien

 

Le château de Trévien constitue l’un des principaux témoins architecturaux de cette histoire.

 

Au XVe siècle, Trévien appartient à la baronnie de Monestiés et ses seigneurs sont vassaux de l’évêque d’Albi.

La présence de Gabriel de Monestiés comme seigneur de Trévien est notamment attestée dès 1440.

 

Le château actuel résulte de plusieurs périodes de construction et de transformation entre les XVe, XVIe et XVIIIe siècles.

 

Il présente un ensemble architectural remarquable, notamment avec ses tours rondes, son escalier à vis, ses fenêtres anciennes, ses caves voûtées et plusieurs éléments décoratifs conservés au fil des siècles.

 

À partir de la fin du XVIe siècle, l’histoire de Trévien est notamment liée à la famille de Castelpers, qui portera par la suite les titres de baron puis de marquis de Trévien.

 

Au XVIIIe siècle, la baronnie passe également entre les mains de la famille de Chastenet de Puységur.

 

Les façades et toitures du château, son escalier à vis ainsi qu’un plafond peint du deuxième étage sont inscrits au titre des Monuments historiques depuis le 25 janvier 1980.

 

Le château demeure aujourd’hui une propriété privée et constitue l’un des éléments majeurs du patrimoine de la commune.

 

Plusieurs lieux religieux au sein d’un même territoire

 

À proximité du château se trouve l’église Saint-Laurent, dont l’origine remonte au XVe siècle.

 

Plus au nord, Saint-Pierre-de-Gil constitue depuis longtemps un autre pôle historique de la commune.

 

Les sources historiques indiquent notamment que les Templiers de la commanderie de Rayssac possédaient autrefois des biens dans la paroisse de Saint-Pierre-de-Gil.

 

Cette présence de plusieurs lieux religieux illustre, une fois encore, l’organisation particulière de Trévien. L’histoire de la commune ne s’est pas construite autour d’un seul village, mais autour de plusieurs lieux de vie et de plusieurs communautés progressivement réunies au sein d’un même territoire.

 

Un territoire qui s’est agrandi au fil du temps

 

Les limites actuelles de Trévien sont elles-mêmes le résultat de l’histoire.

 

En 1813, une partie du territoire de l’ancienne commune d’Almayrac est rattachée à Trévien.

 

Ce rattachement concerne notamment plusieurs hameaux et lieux-dits, parmi lesquels Lavoulp, Les Gagets et Le Théron.

 

Cette évolution administrative a contribué à donner à Trévien cette géographie particulière, composée d’un ensemble de hameaux dispersés plutôt que d’un centre-bourg unique.

 

Lorsque Trévien comptait près de 800 habitants

 

Trévien a autrefois compté une population beaucoup plus importante qu’aujourd’hui.

 

Le recensement de 1793 fait état d’environ 450 habitants.

 

Au cours du XIXe siècle, la population augmente fortement. Elle atteint notamment 683 habitants en 1831, puis 785 habitants en 1851.

 

La commune connaît son maximum démographique recensé en 1876 avec 787 habitants.

 

Trévien compte encore près de 600 habitants au début du XXe siècle, avant de connaître, comme de nombreuses communes rurales françaises, une diminution progressive de sa population.

 

Cette évolution s’explique notamment par les transformations profondes du monde agricole, l’exode rural et le déplacement progressif de la population vers les villes et les principaux bassins d’emploi.

 

La population se stabilise progressivement à partir de la fin du XXe siècle. Aujourd’hui, Trévien compte un peu plus de 200 habitants.

 

Quand Trévien avait ses écoles

 

Cette population autrefois beaucoup plus importante s’accompagnait naturellement d’une vie locale organisée au plus près des habitants. Les enfants pouvaient alors être scolarisés directement sur le territoire communal.

 

Trévien a ainsi connu plusieurs écoles, implantées dans différents secteurs de la commune, ce qui correspondait parfaitement à son organisation en hameaux dispersés.

 

Une école existait notamment dans le secteur de Saint-Pierre-de-Gil.

 

Une autre école se trouvait également au lieu-dit Gil. Son bâtiment est toujours présent aujourd’hui et constitue l’un des témoins de cette époque où l’enseignement était assuré au plus près des familles installées dans les différents hameaux de la commune.

 

Une école primaire publique fonctionnait également à La Pastrié. Cette dernière a fermé au milieu des années 1980.

 

Ces anciennes écoles occupent encore une place particulière dans la mémoire locale. Plusieurs générations d’habitants y ont appris à lire, écrire et compter sans avoir à quitter la commune.

 

Les bâtiments, les photographies de classes et les souvenirs des anciens élèves constituent aujourd’hui autant de témoignages précieux d’une époque où Trévien comptait plusieurs centaines d’habitants et où chaque secteur de la commune possédait une vie quotidienne beaucoup plus autonome.

 

Une commune profondément rurale

 

Pendant des siècles, la vie de Trévien a été étroitement liée à l’agriculture.

 

Les fermes, les chemins ruraux, les bois, les prairies et les terres cultivées structuraient le territoire et rythmaient la vie quotidienne.

 

Chaque hameau possédait sa propre vie, ses familles, ses exploitations agricoles et ses habitudes, tout en appartenant pleinement à la même commune.

 

Cette organisation rurale reste encore aujourd’hui très visible dans le paysage.

 

Elle participe pleinement à l’identité de Trévien et à la qualité de son cadre de vie.

 

Le lac de la Roucarié, de l'histoire industrielle à la ressource en eau

 

Le XXe siècle marque également une transformation importante du paysage de Trévien avec la création du lac de la Roucarié.

 

Aménagé sur le Céret, le lac s’étend sur plusieurs communes du bassin carmausin. Le barrage et une partie importante des installations sont implantés sur le territoire de Trévien.

 

Sa création est liée à l’histoire industrielle du bassin de Carmaux. Les premiers travaux sont engagés dans les années 1940 à l’initiative de la Société des Mines de Carmaux et la retenue est mise en eau autour de 1950 afin de répondre notamment aux besoins en eau liés aux activités minières et industrielles.

 

Quelques années plus tard, en 1958, une usine de production d’eau potable est créée sur le site.

 

Au fil du temps, la fonction du lac évolue. La Roucarié devient une ressource majeure pour l’alimentation en eau potable du bassin carmausin. L’eau prélevée dans la retenue est encore aujourd’hui traitée par l’usine située à Trévien avant d’être distribuée aux habitants du territoire.

 

Mais le lac de la Roucarié est également devenu un espace naturel particulièrement apprécié.

 

Ses berges et les paysages qui l’entourent offrent aujourd’hui un cadre privilégié pour la promenade, la pêche et les activités de plein air. Une zone de loisirs et de baignade est également aménagée sur le secteur d’Almayrac durant la période estivale.

 

La Roucarié occupe ainsi une place particulière dans l’histoire contemporaine de Trévien. D’abord créée pour accompagner le développement industriel du bassin de Carmaux, elle est aujourd’hui à la fois une réserve d’eau essentielle, un espace naturel, un lieu de loisirs et un élément majeur du paysage communal.

 

Trévien et les origines tarnaises de Balzac

 

Trévien conserve également une trace singulière de l’histoire de la famille Balssa, dont est issu l’écrivain Honoré de Balzac. 

 

Le père de l’auteur de La Comédie humaine, Bernard-François Balssa, était originaire de Montirat, dans le Ségala tarnais. 

 

Le patronyme Balssa, profondément implanté dans cette partie du Tarn, est également présent de longue date à Trévien. 

 

Antoine Balssa fut notamment maire de la commune de 1871 à 1881. 

 

Cette présence rappelle les liens anciens entre Trévien et cette famille du Ségala dont l’une des branches donnera naissance à l’un des plus grands écrivains français.

 

D’hier à aujourd’hui

 

Trévien a profondément changé au cours des deux derniers siècles.

 

La commune agricole de près de 800 habitants du XIXe siècle a progressivement laissé place à une petite commune rurale d’un peu plus de 200 habitants.

 

Pourtant, les traces de son histoire demeurent partout visibles.

 

Le château, les églises, les anciens chemins, les hameaux, le dolmen de Nougayrol, les anciennes écoles, les fermes et le lac de la Roucarié racontent chacun à leur manière une partie de cette longue histoire.

 

De nouvelles familles viennent aujourd’hui s’installer sur la commune et restaurer son patrimoine bâti. Les anciennes maisons, fermes et bâtiments qui ont parfois perdu leur fonction première trouvent ainsi une nouvelle vie tout en conservant la mémoire de ceux qui les ont précédés.

 

La vie associative participe également activement au maintien du lien entre les habitants, entre les différents hameaux et entre les générations.

 

Trévien reste ainsi fidèle à ce qui fait son identité depuis des siècles : une commune composée de nombreux lieux de vie, réunis par une même histoire et par un même attachement au territoire.

 

Des pierres du dolmen de Nougayrol aux rives de la Roucarié, des anciennes écoles aux hameaux d’aujourd’hui, plusieurs siècles séparent les générations de Trévien. Pourtant, une même histoire les rassemble : celle de nombreux lieux réunis au sein d’une seule communauté.

 

Plura loca, unum corpus.
Plusieurs lieux, un seul corps.

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